31 mai 2011 - Un quart de nuit, trois quart de magie
Cerné entre cinq belles patates de corail, Fleur de Passion est au mouillage sur le récif de Bassala, toujours au sud de l'Egypte. Un bon vent établi à une vingtaine de noeuds rend le quart de cette nuit plus qu'important. Cette nuit, il faudra garder un oeil sur la direction du vent et la solidité des amarres. Pour le moment il est 20h et autour d'un rotî-purée, les quarts de nuit s'organisent. Chaque équipe de quart à sa méthode, certains tirent à la courte-paille pendant que d'autres se dévouent pour les heures les plus difficiles. Il y a en effet des quarts que personne ne s'arrache, comme le 0h-3h. Se coucher, se faire réveiller et se recoucher...pas terrible. Pourtant, ces heures sont les seules qui offrent un peu de tranquillité et la possibilité de se sentir seul sur le bateau. Cette nuit l'humidité ne s'est pas emparée du pont et le quart se fait avec plaisir à l'extérieur. Quelques bruits s'accordent avec le roulis qui fait danser le bateau : celui de l'eau qui s'engouffre sous la coque, du pavillon qui claque au contact du vent ou encore des vagues qui se brisent contre le récif. Loin de toute pollution lumineuse le ciel de ce soir est féérique. La voie lactée transperce la nuit et des dizaines de milliers d'étoiles s'offrent à nous. A la surface de l'eau, des petits points lumineux apparaissent et disparaissent frénétiquement. Le reflet des étoiles ? Les yeux des poissons tournant autour du bateau ? Rien de tout cela, ces lumières sont émises par des noctiluques, des zooplanctons bioluminescents. C'est tellement fascinant qu'il est impossible d'aller se recoucher en cabine. Ce soir le 0h-3h est magique et la fin de la nuit se terminera sur le pont, la tête dans les étoiles.
Texte : Anne-Kristell Jouan
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Photo : Sabina Foeth |
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